Biographie complète, dates clés
Né en région parisienne en 1964, Marc HANNIET est le second d’une fratrie de trois frères suivis d’une sœur. Son père est instituteur, sa mère s’occupe des enfants. L’enfance est une forge. Nombre de choses qui adviennent par la suite s’y esquissent. Dans ce temps court où d’incessantes injonctions à faire ou à ne pas faire opèrent, Marc rêve et dessine beaucoup. Il réclame du papier et des crayons à n’en plus finir. Si sa mère l’encourage, son père lui rappelle que ce n’est pas un métier et qu’il ferait mieux d’aller jouer avec les enfants de son âge ou de lire pour apprendre quelque chose d’utile.
En 1978, il part en internat au lycée de Chantilly. La privation de liberté lui pèse mais la lecture, la guitare, les échecs et le sport lui tiennent compagnie.
En juin 1981, Pour le récompenser d’avoir eu le bac, sa mère lui remet la boîte de peinture à l’huile de son propre père. Marc n’a jamais connu ce médecin de campagne mort à l’âge de 46 ans. Il n’a pas connu non plus sa grand mère maternelle ni son grand-père paternel, cheminot, qui s’est suicidé l’année de sa naissance.
Disposer de peinture à l’huile est pour Marc une révélation. Les tubes sont encore utilisables. Tout y passe rapidement! Marc visite les musées de la capitale assidûment, à commencer par le musée des impressionnistes sis au jeu de paume dont la collection prendra plus tard ses aises à Orsay.
Après quelques natures mortes, Marc décide de peindre des copies de maîtres du XIXème pour maîtriser les aspects techniques de son futur métier tout en poursuivant des études scientifiques à Amiens, Reims puis Grenoble.
En 1984, le décès soudain de sa mère le plonge dans un doute profond et le désir de peindre ressurgit: achever ses études est un impératif, son père le lui rappelle.
Diplômé en 1987, il travaille en Belgique, en Angleterre puis à Lyon comme ingénieur en électrochimie.
En 1990, il démissionne pour se consacrer à sa passion, la peinture. C'est pour lui une expérience. Elle consiste à vérifier si transformer cette passion en métier est crédible. Peut-il ne pas s'en lasser? Son projet est simple, il a des économies suffisantes pour tenir une année entière. Il s'impose de peindre tous les jours et de finir au moins une toile par jour. Dans une euphorie à laquelle rien ne résiste il réalise cette première année une quantité phénoménale de paysages, de natures mortes et de nus qui le font peu à peu connaître. Son logeur lui a prêté un local tout au cœur de la ville de Voiron et deux peintres de la région, Bernard REY et André DEYMONAZ, l'encouragent et le soutiennent. Ils lui envoient même des clients.
Tout en menant une vie quasi-monastique, ses ventes lui permettent de prolonger l'expérience jusqu'en 1992 avec une première et très belle exposition à Grenoble organisée par la galerie SILENE, à deux pas du tout nouveau Musée des Beaux Arts.
En avril 1992, il épouse Nathalie G. et suit sa femme dans le sud de la France. Elle a trouvé du travail à Cadarache et ils s'installent dans la foulée à Pertuis, une petite grosse ville au sud du Lubéron. Les contacts noués à Grenoble s'étiolent bien vite et les ventes ne se font de plus en plus rares. Internet n'est pas encore né et c'est bien difficile d'exposer sa peinture. Quelques marchés d'artistes qui se tiennent pendant l'été permettent néanmoins d'écouler des paysage "provençaux" en les cédant à bas prix aux touristes. Ce sont de bien maigres revenus. Peu à peu le doute s'installe.
A l'été 1993 un séjour à Lourmarin en compagnie d'autres jeunes artistes concrétise son engagement. Marc est accueilli par la fondation R.L. VIBERT pendant un mois. Il cohabite au château avec une petite dizaine de jeunes gens qui se vouent chacun à son art. Ce séjour résulte d'une candidature effectuée longtemps auparavant depuis Voiron. C'est la première fois que Marc se sent légitime dans ses habits d'artistes. En tout cas il est regardé comme tel par d'autres artistes. Ce séjour estival est à la fois heureux et traumatisant. Il en résultera une blessure vive. Réflexion faite, il n'est pas de ce monde autant que d'autres. Ses alter-ego appartiennent au monde de l'art par leur talent, certes, mais surtout par le statut social de leurs familles.
Au printemps 1994, une embellie s'annonce avec l'arrivée de leur fils Anatole. Pendant quelques mois la vie est douce pour les jeunes parents. Ils partagent l'aventure de la parentalité. Mais, le plus vite possible, Nathalie reprend le travail. Pour ne pas mettre en péril la santé d'Anatole, Marc a remisé ses pinceaux et abandonné l'huile. Il dessine, écrit et compose de la musique tout en s'occupant à plein temps de son fils. La vie s'installe en zone grise.
L'année 1995 est un naufrage. Gangrené par le doute et les difficultés rencontrées pour vendre ses toiles, Marc s'enfonce dans le déni. Sans doute est-il moins agréable à vivre que par le passé. Nathalie n'a de cesse de le lui faire remarquer. Pourquoi ne pas abandonner cette idée de peindre et reprendre un poste d'ingénieur ou, au moins, travailler à mi-temps? En bref: gagner de l'argent. Les remarques acides sont courantes. Le couple s'étiole. Nathalie a rencontré quelqu'un. Tout le monde le sait. Sauf le père de son fils qui fait semblant de l'ignorer.
La solution s'impose en 1996, il doit trouver du travail. La tâche s'annonce très compliquée. Assez vite une idée germe. Certain la croient loufoque quand d'autres pensent que c'est une preuve de manque de lucidité. Marc se décide à écrire à son dernier employeur à Lyon, Karl. De quoi est faite la chance? Vaste question. Un coup de fil, une visite d'un futur collègue à Pertuis, un poste à pourvoir, la connaissance d'une compétence déjà éprouvée, une amitié naturelle ? Sans doute est-ce le tout. Marc accepte avec reconnaissance le poste de chef produit qui lui est proposé Radiometer-Analytical.
Le 11 février 1997, Marc arrive à Lyon en train. Aucun pinceau dans son sac à dos. De la tristesse à revendre au fond du cœur. La résolution farouche de faire face partout ailleurs. Il a deux mille francs en poche, un compte en banque vide mais un travail rémunérateur à accomplir. L'espoir que ce ressaisissement puisse refonder son couple existe. C'est une braise sous la cendre. Le wagon qui l'emmène à Lyon traverse des paysages enneigés au niveau des coteaux. C'est étrange après la lumière du sud. Ce soir là, il logera chez un cousin, faute de mieux. Trois mois passent, l'embauche est confirmée en CDI. Une lettre arrive chez les amis qui l'hébergent non loin de Lyon. Nathalie demande le divorce pour abandon du domicile conjugal. Ainsi est libellé le courrier de l'avocat. Aucune vraie surprise. Juste une détresse noyée de désillusion.
En juin 1997, Marc devient locataire d'un petit appartement rue du bât d'Argent à Lyon. C'est l'occasion de déménager ses affaires restées à Pertuis. En particulier son piano et ses toiles. Le Piano trouve sa place à Lyon, les toiles sont remisées dans un grenier perdu au cœur du Morvan.
En 1998, par le biais de la musique, Marc accueille Isabelle G. chez lui. C'est son visage qui va envahir les œuvres produites à partir de cette année là. Marc le nie mais ceux qui la connaissent le constatent. Le dimanche matin à Lyon se tient le « Marché de la création » où les artistes de la région exposent leurs peintures et leurs sculptures. Marc obtient l'autorisation nécessaire pour y participer en 1999. Dans un premier temps il écoule ses petites toiles peintes en Provence. Les coquelicots et les lavandes disparaissent, les natures mortes aussi. Se pose la question d'en faire de nouvelles. Le cœur n'y est pas et il n'y a pas de place dans le petit appartement pour en faire. Marc se remet au dessin. Avec Guillaume rencontré sur le marché il dessine des nus. Certains sont réalistes, d'autres plus stylisés. C'est cette veine-là qui tient la corde. Colorés à l'acrylique dans la cuisine transformée en atelier, les nus stylisés tracés d'un seul geste sur le papier vont peu à peu permettre à Marc de renouer avec ses aspirations profondes, même s'il est bien décidé à ne peindre qu'en parallèle de son métier d'ingénieur.
Le 8 juillet 2000, Marc épouse Isabelle G et leur fils Ludovic naît en 2002. Ils s'installent à Sainte-Foy-lès-Lyon en 2003. Tous les quinze jours ils y reçoivent Anatole qui grandit par ailleurs auprès de sa mère près d’Aix-en Provence. En 2005 la naissance d’Élodie complète la famille. Ce sont ses années euphoriques sur le plan familial et professionnel. Tout fonctionne à merveille.
En 2004, il commence à travailler avec le réseau Carré d'artiste ainsi que la Galerie de l'Université à Lyon. Ce sont des professionnels qui exigent de Marc qu'il se professionnalise. Il découvre alors l'existence de la Maison des Artistes et le fait qu'il existe un statut administratif pour encadrer le travail des « artistes-auteurs ». Les peintres relèvent de ce statut. Personne ne le lui avait dit ! Cette chose réglée en bonne et due forme encourage Marc à se montrer davantage et à chercher d'autres débouchés pour sa peinture. Les dessins colorés ont mûris en toiles et les formats se sont élargis. Mais si le soleil suit toujours la pluie il ne faut pas ignorer que l'orage, pour imprévisible qu'il puisse être, adviendra.